Luc-Olivier Merson (1846-1920)
Après la bataille, projet d’illustration pour La Jacquerie de Prosper Mérimée
Plume et encre noire, lavis gris et gouache blanche sur papier, 269 x 182 mm

Monogrammé en bas à gauche : « L.O.M. »
Dédicacé en bas à droite : « À mon ami Dawant / Cordialement / Luc-Olivier Merson »

Provenance :
Collection Albert Pierre Dawant (1852-1923)

Originaire d’une famille nantaise, Luc-Olivier Merson naît et grandit à Paris où il fréquente l’École des beaux-arts. Il devient l’élève de Pils, Lecoq de Boisbaudran et de Chassevent. Il est également influencé par les théories de son père, le critique d’art Charles-Olivier Merson (1822- 1902), grand défenseur de la tradition classique de la peinture religieuse.

Il expose au Salon à partir de 1867 et obtient le Prix de Rome en 1869 avec Le Soldat de Marathon. Il connaît ses premiers succès avec des œuvres mystiques et poétiques aux couleurs fraiches et au dessin précis, comme Le Loup de Gubbio (Salon de 1878, musée de Lille) ou Le Repos en Égypte (Salon de 1879, musée de Nice). Merson est un artiste dont l’activité est très diversifiée : de la peinture de chevalet aux grands décors d’édifices publics (Palais de Justice de Paris), en passant par les cartons de tapisseries et surtout l’illustration. Il illustre notamment des ouvrages de Victor Hugo, Gustave Flaubert ou Alfred de Musset.

Notre dessin montre un champ de bataille au lendemain de l’affrontement : tandis qu’au loin un château brûle encore, de nombreuses têtes sont empalées sur des lances et des porte-étendards. Il s’agit d’une première idée non retenue par l’artiste pour l’illustration de La Jacquerie (1828) de Prosper Mérimée. Le roman retrace l’intrigue d’une jacquerie paysanne au cours de la guerre de Cent Ans. Alors que le

pays est traversé par les troupes anglaises et une bande de pillards organisée se faisant appeler les Loups, les seigneurs français exercent un pouvoir impitoyable et cruel sur la population. Un moine, Frère Jean, semble être le seul à compatir au malheur des paysans et parvient à les soulever contre l’oppression seigneuriale en s’alliant aux Loups et aux Anglais. Le récit décrit les péripéties du moine et notamment les batailles livrées contre le baron Gilbert d’Apremont, incarnation de l’autorité féodale.

Les éditions Romagnol font appel à Merson pour illustrer l’édition de 1903. Néanmoins, à la suite d’un différend avec le propriétaire des droits, l’éditeur n’obtient pas l’autorisation de publier le texte. Il confie alors à Léon Hennique, dit Mayneville, le soin d’écrire un texte similaire à celui de Mérimée, intitulé Chronique du temps qui fut la Jacquerie. Les dessins de Merson sont utilisés pour cette nouvelle version mais le texte de Mérimée parait finalement en 1909 à la Librairie Blaizot et se sert également des illustrations de Merson.

Le dessin est dédicacé au peintre Albert Pierre Dawant (1852-1923). Élève de Jean-Paul Laurens, cette personnalité de la vie artistique de la IIIe République siégea notamment au Jury du Salon aux côtés de son ami Merson.

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