Jules Bastien-Lepage (1848-1884)
Portrait du Prince de Galles, 1879
Crayon sur papier calque contrecollé sur papier, 220 x 190 mm
Cachet de la collection Alfred Beurdeley (L.421)

Provenance :
Collection Roger Marx.
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 12-13 Juin 1914, n°81
Collection Alfred Beurdeley
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 20 Novembre- 2 Décembre 1920, n°14

Bibliographie :
Jules Bastien-Lepage, exposition, musée de la la princesse, Verdun, 5 mai-15 juillet 1984, musée Citadelle, Montmédy, 21 juillet-15 octobre 1984, Bar-le-Duc, 1984, p.56.
Marie-Madeleine Aubrun, Jules Bastien-Lepage – Catalogue raisonné de l’œuvre, Paris, 1985.

 

Qualifié par Émile Zola de « petit-fils de Courbet et de Millet », Jules Bastien-Lepage est considéré comme l’un des ténors du naturalisme de la fin du XIXe siècle. Né à Damvillers dans la Meuse en 1848, il gagne Paris en 1867 pour travailler à l’Administration générale des postes. Il s’exerce en parallèle au dessin et entre dans l’atelier d’Alexandre Cabanel en 1868. Malgré deux échecs successifs au concours du Prix de Rome en 1875 et 1876, ses envois au Salon lui valent une certaine notoriété et plusieurs commandes. Au cours de sa courte carrière d’à peine une dizaine d’années, il peint essentiellement des scènes de genre paysannes et des portraits.

Dans la seconde moitié des années 1870, ses portraits, reconnaissables à leur technique très précise, sont remarqués par plusieurs personnalités de l’époque. C’est ainsi que le Prince de Galles, futur Roi Edouard VII (1841-1910), demande à Bastien-Lepage de venir à Londres faire son portrait après avoir admiré celui de l’actrice Sarah Bernhardt dans son atelier. L’artiste arrive en Angleterre en 1879. Notre dessin a dû être exécuté au cours d’une des dix-huit séances de poses nécessaires à l’élaboration du tableau. On connaît en plus de notre feuille au moins trois autres études dessinées préparatoires au portrait final. Dans la plus pure tradition académique, l’artiste a savamment élaboré sa composition à l’aide d’études sur papier. La concentration sur le détail du visage et l’intensité psychologique du regard contrastant avec le reste du corps brièvement esquissé, ainsi que le trait dur et cassant rappellent la leçon d’Ingres que Bastien-Lepage a beaucoup admiré.

Exposé à la Royal Academy puis à Paris, le tableau final (ill.1) reçoit un accueil controversé de la critique qui jugea la composition trop empêtrée de l’héritage des portraits de la Renaissance nordique. Le Prince y est représenté de trois-quarts, en costume d’apparat, la Toison d’or autour du cou et posant devant une vue de Londres où l’on aperçoit la Tamise à l’arrière-plan. Lors de son séjour anglais, l’artiste a pu voir les portraits d’Henri VIII par Hans Holbein dont il a cherché à s’inspirer pour livrer à son tour un portrait princier.

 

 

 

 

 

 

Ill.1 : Jules Bastien-Lepage, Portrait du Prince de Galles, 1879, huile sur toile, 42 x 34 cm, Londres, Queen’s Gallery, Buckingham Palace.
Ill.1 : Jules Bastien-Lepage, Portrait du Prince de Galles, 1879, huile sur toile, 42 x 34 cm, Londres, Queen’s Gallery, Buckingham Palace.