Jean-Jacques de Boissieu (1736-1810)
Tête de bouc de profil
Plume et encre brune, lavis gris sur papier, 105 x 152 mm
Monogrammé en bas à droite : «DB.»

 

Né à Lyon, dans une famille de petite noblesse, Jean-Jacques de Boissieu se destine d’abord à la magistrature. Ayant rapidement développé un goût prononcé pour l’art, il se forme à la peinture, au dessin et à l’eau-forte dans sa ville natale auprès de maîtres locaux : Lombard et Frontier, avant de parfaire son apprentissage à Paris entre 1761 et 1764. Il y fréquente d’importantes personnalités artistiques, comme l’architecte Jacques-Germain Soufflot, les peintres Joseph Vernet et Jean-Baptiste Greuze ou encore le graveur Jean-Georges Wille. Ce dernier lui présente son premier mécène, le duc de La Rochefoucauld, qui, dans le cadre de son « Grand Tour », lui permet, entre 1765 et 1766, de faire le voyage en Italie sans passer par le système académique. En 1771, il retourne définitivement à Lyon où il assoit une solide réputation. Ses gravures s’exportent alors jusqu’en Allemagne, en Angleterre et en Russie.

S’il est peintre, Boissieu est surtout connu pour son activité de graveur et de remarquable dessinateur. Féru d’art nordique, il s’inspire des maîtres hollandais du XVIIe siècle qu’il connaît notamment par le biais de la collection d’eaux-fortes de Rembrandt appartenant à Claude-Henri Watelet, collectionneur lyonnais passionné et mécène de Boissieu. L’étude attentive de la nature qu’il applique dans ses portraits et paysages, ainsi que son goût du détail, lui valent le surnom de « Rembrandt canut ».

Notre dessin, dans sa minutie et son utilisation de la plume et du lavis gris, témoigne de ce goût pour l’art nordique du XVIIe siècle. Le pelage est rendu de manière précise et réaliste par un premier dessin à la plume sur lequel il peint les volumes au lavis dans un savant jeu d’ombre et lumière.

L’artiste se plaît, au cours de sa carrière, à représenter des ovidés et des caprinés, généralement au repos et campés dans des paysages rapidement brossés. Notre étude de bouc est conçue comme un véritable portrait. Le cadrage est resserré sur la tête, dont l’expression semble presque humaine : l’animal regarde le spectateur du coin de l’œil, avec un air fier, malicieux et inquisiteur.

 

 

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