Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
Buste de jeune fille
Pastel sur papier bleu marouflé sur toile, 394 x 318 mm

Provenance :
Laurent Gouvion Saint-Cyr (1764-1830)
Laurent-François Gouvion Saint-Cyr (1815-1904)
Puis par descendance
Galerie de Bayser, Paris
Collection particulière 

 

Né à Tournus en 1725, Jean-Baptiste Greuze est formé par Charles Grandon à Lyon, puis dans l’atelier de Charles-Joseph Natoire à Paris. Il est agréé à l’Académie en 1755 comme « peintre de genre particulier » et commence à exposer au Salon la même année. Ses scènes de genre moralisatrices lui valent très vite un immense succès, en partie grâce au soutien de Diderot. De 1755 à 1757, il voyage en Italie avec l’Abbé Gougenot et obtient d’être logé au Palais Mancini. À son retour en France, il s’entoure de graveurs qui font connaître ses compositions peintes et dessinées : essentiellement des scènes de la vie contemporaine et des portraits.

En 1767, il est privé d’exposition au Salon par l’Académie qui lui réclame toujours son morceau de réception. Il décide alors de s’atteler à la peinture d’Histoire et présente un sujet antique : Septime Sévère reprochant à son fils Caracalla d’avoir voulu l’assassiner. Cette toile, dont la genèse occupe l’artiste pendant deux ans, reçoit un accueil très froid de la critique, dont Diderot. Greuze est reçu en 1769 comme « peintre de genre » et décide suite à cet échec de ne plus présenter son travail au Salon. Après cette date, ses œuvres ne sont montrées que dans son atelier du Louvre où il organise des expositions au moment du Salon. À partir des années 1880, il s’intéresse de plus en plus à la figure humaine, comme dans ses têtes d’expression dessinées, et multiplie les représentations féminines.

La deuxième partie du XVIIIe siècle est un moment d’intense production d’images libertines. Ces scènes de genre, dont Greuze est l’un des principaux artisans, représentent maris, épouses ou amants dans des attitudes allant de la suggestion à la scène érotique. L’œuvre de Greuze est souvent empreinte de sensualité. L’artiste se plait à insérer dans les attitudes de ses personnages (et dans leur iconographie) diverses références sexuelles. La femme greuzienne est souvent ambivalente, oscillant entre innocence et culpabilité ou entre pudeur et érotisme. À première vue, ses compositions ressemblent à de classiques représentations de jeunes filles sages. Pourtant, dès lors qu’on s’y attarde, une certaine lasciveté semble émaner de ses personnages. Notre pastel, l’une des dernières œuvres de l’artiste, fait partie de ses œuvres les plus polissonnes. Greuze revient sur un thème qu’il a déjà traité dans La Volupté (ill.1) en 1765 en présentant une jeune femme légèrement dénudée. Edgar Munhall propose de voir dans cette attitude, un état post-masturbatoire suggéré par le sourire extatique du modèle, sa pose lascive et son sein dénudé.

 

 

 

 

 

Ill 1 : Jean-Baptiste Greuze, La Volupté, 1765, huile sur panneau, collection particulière.