Henri Lehmann (Kiel 1814- Paris 1882)
Etude de femme nue adossée de profil
Pierre noire, lavis brun et rehauts de gouache blanche sur papier 115 x 111 mm

 

Allemand d’origine, Henri Lehmann arrive à Paris en 1831 et entre dans l’atelier de Jean-Auguste Dominique Ingres. Il débute au Salon en 1835 avant de partir retrouver son maitre à Rome en compagnie de Théodore Chasseriau en 1839. De retour à Paris en 1842, il mène une carrière de peintre officiel divisant sa production entre portraits, tableaux de chevalet et grands décors. Hériter de la culture « ingriste », Lehmann garde de son maitre la primauté du dessin et le goût d’un beau idéal. Il présente toutefois quelques affinités avec le mouvement romantique dans la dramaturgie et la théâtralité de ses compositions. Si Henri Lehmann incarne la tradition, il comptera dans ses élèves des artistes parmi les plus innovants  de leur génération : des symbolistes comme Aman-Jean ou Séon, mais surtout Georges Seurat.

Peintre classique, il reste fidèle à la tradition académique pour élaborer ses œuvres, multipliant les études et esquisses préparatoires. Partant de l’étude isolée du modèle nu, il le dessine ensuite habillé avant d’établir sa composition finale. Il mélange souvent crayon noir et sanguine dans ces études au tracé ferme et puissant. Les dessins au lavis, comme le nôtre, sont plus rares dans sa production graphique. L’artiste esquisse ici les formes de sa composition à la pierre noire, avant de les repasser au lavis brun, puis d’ajouter les zones d’ombres dans un lavis plus foncé. La figure féminine adossée dans une posture de désolation pourrait être issue d’une composition religieuse au pied d’une crucifixion ou faire partie des Océanides éplorées devant Prométhée. La torsion de la tête, comme désarticulée, témoigne de l’héritage d’Ingres dans l’art de Lehmann qui reprendra souvent ce type de pose.

 

 

 

 

1 500 €