Alphonse Osbert (1857-1939)
Paysage, 1895
Huile sur panneau, 183 x 274 mm
Signé en bas à gauche : « A. Osbert »
Titré et daté au dos : « Étude à Vichy / A. Osbert / 1895 » ; numéro d’inventaire au dos « n°99. »

Après une première formation à la Manufacture des Gobelins, Alphonse Osbert entre à l’École des beaux-arts dans l’atelier d’Henri Lehmann où il rencontre Georges Seurat, Alexandre Séon et Edmond Aman-Jean. Les premières œuvres qu’il expose au Salon à partir de 1881 sont inspirées par la peinture espagnole et peintes dans une veine naturaliste propre à celle de Léon Bonnat, son second maître. Osbert trouve progressivement sa voie et s’affirme à partir du début des années 1890 comme un artiste symboliste original. Il participe à tous les Salons de la Rose+Croix et expose à la galerie Le Barc de Boutteville de 1893 à 1896. Plusieurs expositions personnelles, notamment à la galerie Georges Petit, consacrent sa notoriété. Peintre de chevalet, Osbert réalise également plusieurs grands décors dont l’établissement thermal de Vichy et le Conservatoire de Musique de Paris. Fortement influencé par Pierre Puvis de Chavannes, il peint des paysages lacustres traversés de figures féminines drapées à l’antique dans une atmosphère rêveuse où domine fortement la couleur bleue. Il n’a de cesse de représenter ses visions d’une nature idéalisée peuplée de figures imaginaires. Sa technique est à la fois nabie et néo-impressioniste : deux courants dont il synthétise les innovations dans une technique très personnelle qu’il utilise toute sa vie, sans jamais plus en changer. Sa matière diffuse et en partie pointillée lui permet de donner à son univers une dimension onirique d’une grande poésie.

Notre petit panneau, rapidement brossé, semble être une étude prise sur le vif par l’artiste pour servir de base à l’un de ses paysages de rêve réalisé en atelier. On retrouve dans notre tableau sa façon de représenter une nature enchanteresse : les couleurs sombres et son bleu emblématique donnant à l’image une atmosphère de douce mélancolie. La date très précoce de notre tableau permet de voir des réminiscences de naturalisme dans le traitement du sujet, bien que l’ambiance et la couleur tendent nettement vers le symbolisme que l’artiste est en train d’adopter en 1895.